Deauville et son festival, Ville américaine !

Deauville haut lieu de la Normandie accueille depuis 1975 le festival du cinéma américain.

Dans les années 1960/1970 Deauville reprend de la superbe qui avait été sienne et son maire de l’époque, Michel d’Ornano,  ainsi que le responsable du casino et de la gestion des grands hôtels, Lucien Barrière, décident de redorer l’image de Deauville, station balnéaire. Ils ont envie que l’aura de Deauville rayonne beaucoup plus loin et dans d’autres domaines afin qu’elle puisse toucher un plus grand nombre de personnes.

Pour eux, il ne faut pas se contenter de l’aspect balnéaire ni hippique de la ville qui rendent Deauville célèbre, il faut voir beaucoup plus grand !

Cette envie coïncide avec une autre grande idée née de la passion commune de deux hommes : André Halimi et Lionel Chouchan. Ces derniers rêvent de pouvoir partager leur amour pour le 7ème art et le cinéma américain. La réunion de ces quatre personnes va permettre la création en 1975 du Festival américain de Deauville. Il se tient désormais au Centre international de Deauville, ce depuis 1992.

Ce festival consacré au cinéma des Etats Unis se déroule du premier vendredi de septembre au dimanche de la semaine suivante. Contrairement à ses débuts le festival est aujourd’hui compétitif. Destiné à l’origine à servir de rampe de lancement en France aux grosses productions américaines, il met également en valeur aujourd’hui le cinéma indépendant américain.

Même si ce festival remporte immédiatement l’adhésion du public les grandes stars américaines ne s’y précipitent pas de suite. Au fur et à mesure de son existence ce festival de Deauville évolue. En 1977 il innove et crée les «Hommages» afin d’honorer de grandes figures du cinéma américain comme par exemple Gregory Peck, Sydney Pollack, Francis Ford Coppola… Des hommages posthumes sont rendus (James Dean, Rita Hayworth…), ainsi que des hommages à des institutions ou thématiques. Dès 1995 le Festival s’ouvre à la compétition. Il existe désormais le Grand Prix du Jury, le Prix du Jury et le Prix de la Critique Internationale. De 1998 à 2004 le Festival aura également une section Courts Métrages. Depuis 2003 le Festival de Deauville consacre une section aux documentaires américains, Les Docs de l’Oncle Sam, lesquels rencontrent un franc succès.

Ce Festival évolue sans arrêt : en 2007 des films commencent à être projetés 24h sur 24 ! IL est le seul festival au monde à proposer cela ! En 2010 le Festival de Deauville ouvre ses portes aux séries télévisées américaines et lors du week-end d’ouverture on peut se retrouver pour des projections de séries cultes et d’épisodes inédits, en accès libre et gratuit.

Depuis plus de trente cinq ans maintenant de nombreuses célébrités ont foulé les planches de Deauville de même que de futurs grands réalisateurs. Le pari est réussi, pendant quelques jours chaque année Deauville devient l’Amérique du cinéma

La cathédrale Notre-Dame de Bayeux

La cathédrale Notre-Dame de Bayeux, roman et gothique mélangés

On a tous entendu parler de la très célèbre tapisserie de Bayeux ! Et bien c’est pour ce magnifique édifice qu’elle fut réalisée. La cathédrale Notre-Dame de Bayeux, plusieurs fois incendiée, remaniée et agrandie, est un mélange d’architecture romane et gothique qui mérite le détour.

Un extérieur mixte

Consacrée en 1077 devant Guillaume le Conquérant, la cathédrale fut rapidement détruite par un incendie. De l’édifice roman, il subsiste les deux tours de la façade occidentale et la crypte. Pour la restauration et l’agrandissement, le style roman n’est plus au goût du jour. C’est le style gothique qui est à la mode. La façade occidentale est donc hétéroclite avec ses deux tours romanes surmontées de flèches gothiques et ses cinq porches du même style.

Le premier étage de la tour centrale est typique du gothique flamboyant alors que le deuxième affiche un style néo-gothique. Le dôme en cuivre, la tourelle et la flèche datent du Second Empire. Viollet-le-Duc voulait détruire la tour centrale fragilisée ; elle fut pourtant conservée et la cathédrale put enfin arborer ses trois tours prévues dès le XIIIème siècle.

Un intérieur impressionnant

Quand on pénètre dans la cathédrale, on est surpris par l’abondance de lumière, la grandeur et l’architecture encore une fois mélangée. Le premier niveau roman affiche des décors caractéristiques. L’architecte laisse tomber les deux étages gothiques traditionnels pour un seul et fait entrer davantage de lumière. Ce système sera largement repris par le gothique flamboyant. On lève les yeux pour voir la décoration romane beaucoup plus fine et travaillée que ce que l’on a l’habitude de voir pour cette époque en Normandie.

On avance vers le chœur gothique sur trois niveaux avec, là encore, de très nombreuses décorations sculptées. Prenez vos jumelles et admirez les peintures médiévales de la voute avec des anges en prière. Le chœur gothique, typiquement normand, abrite de multiples colonnes et colonnettes et un décor particulièrement riche.

Ne repartez pas sans visiter la salle du chapitre et son labyrinthe pavé très bien conservé ainsi que la salle du Trésor et son mobilier vraiment sympa.

Infos supplémentaires

Horaires d’ouverture :

  • du 01/01 au 31/03 – 9h à 17h
  • du 01/04 au 30/06 – 8h30 à 18h
  • du 01/07 au 30/09 – 8h30 à 19h
  • du 01/10 au 31/12 – 9h à 18h

Se loger en Normandie
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Se rendre à la cathédrale :
Environ une heure de voiture directement depuis l’aéroport de Deauville

Les impressionnistes et la Normandie

De nombreux artistes ont exprimé pendant une quinzaine d’année l’expression de la sensibilité moderne. Étant donné que leur peinture exprimait les impressions qu’ils ressentaient devant un paysage, le nom de ce mouvement vient tout naturellement d’un tableau de Claude Monet « Impression, soleil levant » (1872).

La Normandie va devenir au XIXème siècle le berceau de l’impressionnisme avec ses paysages et leurs superbes couleurs. Eugène Boudin sera l’un des précurseurs de ce mouvement. Originaire d’ Honfleur, ami de Baudelaire qui le surnommait « Le Roi des ciels », Boudin ne fut pas peintre immédiatement. Il fut d’abord libraire et c’est en tant qu’artiste amateur qu’il demandait des conseils à ses clients, puis il exposa des peintres comme Courbet, Millet et là, il découvrit sa réelle vocation. Il essayait par exemple dans ses pastels de fixer les aspects changeant de l’atmosphère. Les couleurs qu’il utilisait alors étaient beaucoup plus violentes que celles de ses peintures. On peut citer dans ses œuvres « Le Havre, sortie du port », « Le Marché ». C’est lui qui encouragea un jeune du Havre à se mettre à la peinture. Il s’agissait de Claude Monet !

Claude Monet, originaire du Havre il vendait des caricatures puis il se mit à la peinture, notamment sous l’influence de Boudin. Il réalisa de nombreuses marines aux alentours du Havre, plus de 20 tableaux consacrés à la Haute-Normandie, à la cathédrale de Rouen. A Paris, il rencontra Courbet, Corot, Renoir, Sisley et les emmena à Honfleur, à Etretat dont il louait la beauté de la mer et des falaises. On lui doit par exemple « La falaise de Fécamp », « Sainte-Adresse ».

Il est donc évident que les musées de Normandie que ce soit à Rouen, Caen ou Dieppe regorgent de tableaux des impressionnistes. En plus de ceux cités ci-dessus Les impressionnistes dont on peut admirer les œuvres en Normandie ou sur la Normandie sont nombreux. Que ce soit Courbet (« Marine », « Les falaises d’Etretat après la tempête »), Camille Pissarro, spécialiste des paysages de campagne (« Quai à Rouen »), Caillebotte, Alfred Sisley qui aimait les scènes de pluie et de neige, Pierre-Auguste Renoir, sans doute le plus populaire.

Pendant plus de 70 ans, des années 1850 à 1920 la Normandie ne s’est pas départie de son succès auprès des plus grands artistes de cette époque, mais cette région ne représente pas que le berceau de l’impressionnisme et tant mieux pour tous les amateurs d’art et de peinture !

Histoire de la chanson “Ma Normandie”

L’hymne au pays natal

Le destin de Frédéric Bérat, né le 11 mars 1801 à Rouen, ne sera pas de reprendre le commerce de « cuir, huile et bleu de Prusse » comme l’aurait souhaité son père. Alors qu’il est envoyé à l’institution Sueur, on décèle chez lui des aptitudes à la musique et on lui attribue un professeur particulier qui lui enseignera les subtilités de la clarinette. Après avoir terminé ses études, il ira à Paris dans une grande maison de commerce de textile où il restera environ huit ans, puis dans les bureaux de l’ancien député Mercier.

Pendant ce temps, la chanson à succès, « J’ai perdu mon coutiau » est sur toutes les lèvres et son auteur n’est autre que son frère, Eustache devenu parolier. Le jeune Frédéric décide alors de suivre les pas de son aîné. Il étudie seul le piano, et Plantade lui enseignera l’art de la composition et la mélodie. Il va alors créer sa toute première chanson «  Le petit savoyard » puis d’autres, qu’il chantera dans des cercles fermés mais rapidement, des chanteurs vont s’approprier ses œuvres qui seront très vite en vogue.

Il existe plusieurs versions de l’histoire de l’écriture de la célèbre chanson « Ma Normandie ». La plus connue dit que l’inspiration serait venue au parolier sur le bateau qui rejoint Rouen au Havre, dans la contemplation des coteaux et des berges. L’œuvre terminée, il serait retourné au Havre chez Eustache pour lui montrer son travail. Son frère y aurait déjà vu un succès. Il s’agit là d’un véritable trait de génie du chansonnier qui évoque la nature, le temps qui passe et la nostalgie du pays natal sur une musique simple. Béranger, alors le plus populaire des chansonniers de romances de l’époque, de vingt ans son ainé, se liera d’amitié avec Bérat et le prendra sous son aile. Celui-ci lui écrira une chanson : « La Lisette de Béranger » qui deviendra comme d’autres titres, un véritable succès.

Lorsque la SACEM est créée en 1851, « Ma Normandie » est l’une des premières chansons à y être déposée. Le 2 décembre 1854, le chansonnier, Frédéric Bérat âgé de 54 ans, meurt d’un cancer de la moelle épinière, et il sera enterré au cimetière du père Lachaise à Paris. Sa chanson restera dans la culture française mais également dans bien d’autres pays car non seulement elle se fait l’hymne officieuse de la Normandie mais aussi l’hymne officielle de Jersey. Des paroliers allemands estoniens ou arméniens se sont très largement inspirés de la chanson française pour écrire les leurs.